Reconstruction (ligamentoplastie) du ligament croisé antérieur par prélèvement d’un tendon d’un muscle ischio-jambier.

QU’EST-CE QUE C’EST ?

Le ligament croisé antérieur est un ligament situé au centre de l’articulation du genou. La rupture du ligament croisé est un accident fréquent. Le genou peut devenir instable ou douloureux. L’évolution naturelle dans ce cas peut être l’apparition d’une lésion méniscale ou cartilagineuse voire d’une arthrose. Il est possible de réparer le ligament croisé antérieur avec une greffe d’un ou deux tendon(s) prélevé(s) à la face interne du genou (tendons droits internes et/ou demi-tendineux) : c’est la reconstruction du ligament croisé antérieur avec tendons ischio-jambiers.

AVANT LE TRAITEMENT

Le diagnostic de rupture du ligament croisé antérieur est clinique et radiologique.
L’IRM permet de confirmer le diagnostic et de rechercher des lésions associées méniscales ou cartilagineuse.
De la kinésithérapie doit être réalisée avant la chirurgie pour renforcer musculairement le genou et préparer à l’intervention.

QUEL TRAITEMENT ?

La chirurgie se pratique sous anesthésie générale ou loco-régionale. Un garrot placé à la cuisse est le plus souvent nécessaire. Une cicatrice verticale à la face supérieure et interne du tibia permet le prélèvement du ou des tendon(s) ischio-jambier(s) (demi-tendineux et éventuellement droit interne) qui va permettre de reconstruire le ligament croisé antérieur. Les deux tendons sont prélevés si le tendon du demi tendineux n’est pas suffisamment solide pour remplacer à lui seul l’ancien ligament croisé antérieur.
L’intervention se déroule ensuite sous arthroscopie (avec caméra) par deux petites incisions sous la rotule. Des tunnels osseux dans le fémur et le tibia au niveau des zones d’insertion du ligament croisé antérieur sont réalisés. La greffe est positionnée puis fixée dans le genou par vis. Les éventuelles lésions méniscales ou cartilagineuses associées seront traitées dans le même temps si cela est nécessaire.

APRÈS L’INTERVENTION

Exceptionnellement un drain peut être mis en place pour limiter l’hématome. Le genou n’est pas immobilisé dans une attelle. Une attelle articulée peut être portée en fonction des cas pour la marche pendant 45 jours après l’intervention. La kinésithérapie est débutée le jour même de l’intervention. La marche avec appui sous couvert de béquilles sera autorisée par votre chirurgien le jour de l’intervention.
Le retour à domicile se fait le jour-même de l’intervention (ambulatoire) ou le lendemain.
Par la suite, la rééducation sera poursuivie plusieurs mois chez un kinésithérapeute ou en centre de rééducation. La conduite automobile sera reprise après le feu vert de votre chirurgien de même que la pratique sportive. La reprise des activités professionnelles sera fonction du travail et des moyens de locomotion (en général de 45 jours à 4 mois).

LES RÉSULTATS À ESPÉRER

La cicatrisation cutanée est obtenue après 15 jours et la cicatrisation profonde après plusieurs semaines. La reprise des activités sportives est possible après un délai de plusieurs mois qui vous sera précisé par votre chirurgien. Le résultat attendu est un genou stable et indolore avec une reprise des activités sportives. Un délai de 9 mois minimum est souvent nécessaire pour la reprise des sports à pivot.

COMPLICATIONS

Les plus fréquentes

Comme toute chirurgie, il existe un risque d’hématome qui se résorbe en règle générale tout seul. Il peut exceptionnellement nécessiter une ponction évacuatrice ou un drainage chirurgical.

La phlébite peut survenir en dépit du traitement anticoagulant. Il s’agit d’un caillot qui se forme dans les veines des jambes, celui-ci pouvant migrer et entrainer une embolie pulmonaire. Un traitement anticoagulant est prescrit en prévention.

Une lésion nerveuse lors du prélèvement du tendon est possible et entraine une insensibilité ou exceptionnellement des douleurs de la face interne du genou. Cette insensibilité peut mettre un an à récupérer.

Plus rarement

La cicatrisation des tissus dans le genou peut créer des adhérences qui vont limiter la flexion et engendrer une raideur.

L’algodystrophie est un phénomène douloureux et inflammatoire encore mal compris. Elle est traitée médicalement et peut durer plusieurs mois (voire parfois des années), entrainant une prise en charge spécifique avec rééducation adaptée, bilans complémentaires et parfois, une prise en charge spécifique de la douleur. Elle est imprévisible dans sa survenue comme dans son évolution et ses séquelles potentielles.

L’infection profonde est une complication très rare. Elle peut nécessiter une nouvelle intervention et la prescription d’un traitement antibiotique prolongé. Il est INTERDIT de FUMER pendant la période de cicatrisation cutanée, le tabagisme augmentant de manière significative le taux d’infection.

La ré-rupture est rare mais possible au cours d’un nouveau choc. Il est important de respecter les délais donnés par votre chirurgien pour la reprise des activités sportives.

La liste n’est pas exhaustive et une complication particulièrement exceptionnelle peut survenir, liée à l’état local ou à une variabilité technique. Toutes les complications ne peuvent être précisées, ce que vous avez compris et accepté.

EN RÉSUMÉ

La reconstruction du ligament croisé antérieur du genou par tendons ischio-jambiers est un geste chirurgical très fréquent en chirurgie orthopédique. La récupération après chirurgie nécessite plusieurs mois de kinésithérapie. L’amélioration est significative après un délai de quelques semaines. La reprise des sports doit être progressive et réalisée sous contrôle médical en respectant les délais donnés par votre chirurgien.

CONSIGNES AVANT L’OPÉRATION

Préparation corporelle et hygiène avant votre intervention :

La lutte contre les infections post-opératoires est une priorité pour nous. La douche désinfectante avant l’opération contribue à prévenir ce risque; elle contribue à l’élimination des germes présents naturellement sur votre peau.
La douche pré-opératoire est donc indispensable; elle doit être réalisée la veille ET le jour de l’intervention. Ces douches doivent être réalisées chez vous, avant votre hospitalisation.
Hygiène bucco-dentaire : Brossez-vous les dents la veille et le jour de votre intervention.

La veille de l’opération :

Avant votre hospitalisation et avant la douche pré-opératoire, retirez vos bijoux (alliances et piercing compris) et le maquillage (vernis à ongles et « french manucure » compris), coupez et brossez vos ongles.
De principe nous vous demandons de ne pas dépiler votre genou. Cependant si vous pensez que le pansement ne va tenir à cause des vos poils vous pouvez dépiler votre genou mais pour cela utilisez une crème dépilatoire ou une tondeuse électrique. Le rasage au rasoir manuel est interdit car il provoque de micro-lésions de la peau pouvant favoriser les infections.
Prenez votre douche et mettez des vêtements de nuit propres (sortis de l’armoire).

Le jour de l’opération

Il ne faut plus manger d’aliments solides 6 heures avant l’heure de convocation. Vous pouvez boire jusqu’à 2 heures avant votre convocation (mais toujours un liquide « clair » sans gaz, ni bulle ni pulpe). Il est même souhaitable que vous buviez une boisson sucrée, sans pulpe et sans gaz (jus de pomme ou tisane sucrée), 25 cl maximum, 2 heures avant votre convocation. Ceci vous aidera à mieux récupérer de votre opération.
Prenez votre douche juste avant le départ pour l’hôpital et mettez des vêtements propres (sortis de l’armoire).

CONSIGNES POST OPÉRATOIRE DE RÉCUPÉRATION

  • Il est très important que vous vous preniez vous-même en charge, pour cela, dès le lendemain de l’intervention, au lit, effectuez des contractions du quadriceps et tentez de faire toucher la face postérieure du genou sur le drap, en augmentant progressivement le nombre de contractions et leurs durées comme conseillé par le kinésithérapeute.
  • Quelques conseils : reprenez progressivement votre activité, ne vous infliger pas de longs transports, ne vous crispez pas dans une position (détendez les muscles de la cuisse, ne marchez pas genou plié), éviter les stations debout prolongées, les flexions du genou au delà de 90 ° sont interdites pendant 3 semaines, glacer régulièrement votre genou, vous pouvez prendre des douches avec les pansements qui sont étanches.
  • Vous pouvez reprendre un appui total le jour même de l’intervention. Sous couvert des deux béquilles pendant au moins 15 jours Vous pouvez reprendre la marche progressivement dès le lendemain : pour cela, souvenez-vous des contractions du quadriceps faites au lit : il faut en effet avoir un schéma de marche membre inférieur en extension, avec un quadriceps qui « verrouille » le genou.
  • Faites des exercices de flexion : au lit, saisissez fermement votre cuisse, près du genou, avec vos deux mains. Tirez le genou vers vous en laissant glisser votre talon sur le drap. Tirez jusqu’à ressentir un étirement suffisant et maintenez quelques secondes, puis relâchez doucement avec vos bras. C’est en essayant souvent que vous arriverez à un résultat.
  • En cas de douleurs excessives ou croissantes, de température au delà de 38°, d’écoulement suspect de la cicatrice, n’hésitez pas à contacter ma secrétaire par téléphone au 05 57 98 05 00 ou la nuit 05 57 98 numéro urgences clinique.

Protocole de rééducation pour la ligamentoplastie du genou avec prélèvement d’un ou deux ischiojambier(s).

  • Vous allez bénéficier d’une intervention chirurgicale pour remplacer votre ligament croisé antérieur qui est rompu. Vous allez donc bénéficier d’une greffe du LCA avec les tendons ischio-jambiers.
  • Vous resterez hospitalisé(e) un jour (ambulatoire) ou deux.
  • Vous pourrez vous lever et marcher avec appui, en fonction de la tolérance à la douleur, avec des béquilles. Le kinésithérapeute vous fera plier doucement le genou et commencera le travail statique du quadriceps le jour même de l’intervention.
  • L’ablation des points se fera au 15ème jour postopératoire.
  • La rééducation débute dès la sortie de la clinique avec si besoin de la balnéothérapie dès le 16ème jour, avec récupération de la flexion en actif et actif aidé dans les limites de la douleur.
  • A J21 : la flexion est de 100° et vous pourrez conduire votre voiture, l’appui est complet sans béquilles.
  • A J30 : la flexion doit être de 120°
  • A J45 vous marchez normalement
  • De J31 à J60 :
    • Il faut récupérer les amplitudes articulaires en piscine éventuellement.
    • La récupération musculaire doit débuter, SANS CHARGE, pour le quadriceps, contraction active et statique. Le travail des muscles ischio-jambiers doit augmenter progressivement, il faudra faire tout particulièrement attention dans le cadre d’une chirurgie utilisant les ischio-jambiers : réveil progressif, de ne commencer un travail contre résistance en absence de toute douleur musculaire.
    • Le sport n’est pas autorisé sauf pour les bons nageurs qui pourront nager uniquement avec les bras.
  • De J60à J180 :
    • Il faut récupérer les amplitudes articulaires déficientes, surtout le flexum sans jamais chercher le récurvatum, il ne faut pas trop forcer en flexion.
    • Le vélo est autorisé 2 mois sur le plat, sans gros braquet, de même la natation sans palme
  • A 4 mois, le footing sur terrain souple peut débuter
  • A 6 mois vous pouvez commencer l’entraînement dans votre spécialité, sans jamais rentrer en contact, sans forcer avant le 8ème mois
  • A 8-9 mois. Vous devez d’abord récupérer de bonnes sensations et les bons gestes techniques
  • La préparation physique (pendant 45 à 60 jours) est indispensable.
  • Six mois de rééducation ne correspondent pas à SIX mois d’entraînement.
  • Il faut retrouver son niveau sportif avant d’envisager une reprise intense des sports.
  • Par ailleurs, le SKI est un sport à part entière. La plupart des accidents surviennent à faible allure. Il faut donc une excellente récupération musculaire et proprioceptive avant d’envisager une saison de ski.
  • Les compétitions ne débuteront jamais avant la fin du 8ème mois
  • Vous serez revu(e) en consultation entre J30 et J60 puis à 4 mois et à 1 an, où un bilan radiographique sera réalisé.
  • Il est parfaitement normal de constater l’apparition d’une ecchymose (bleu) quelques jours après l’intervention. De même il existe une petite zone d’hypo sensibilité autour des cicatrices externes qui disparaîtra progressivement.